1958

Joseph Carrara....et Roger Pingeon

Le grand prix de Corveissiat: une longue tradition

Le jour où Pingeon s'est révélé

A Corveissiat, on ne badine pas avec la tradition du grand prix cycliste. Le jeudi de l'Ascension, c'est« le jour de la course », dans la petite commune perchée sur les hauteurs de la vallée de l'Ain, située idéalement pour y planter une banderole d'arrivée. On a célébré en 2008 la BOè édition du Grand prix. Il n'y a eu que la guerre pour stopper les organisateurs, à l'origine le Moto Vélo club bressan, et depuis 1959, le vélo club bressan. C'est l'année précédente, en 1958, que Roger Pingeon s'y était révélé, neuf ans avant de gagner le Tour de France. Il n'avait pas encore dix-huit ans. « J'avais débuté fe vélo fa saison précédente, raconte le Bugiste, mais je n'avais disputé que cinq ou six courses. En 1958, j'avais une licence de quatrième catégorie. Personne ne me connaissait. Je n'avais pas de voiture, c'est Joseph Carrara qui m'emmenait au départ des épreuves. Comme lui était en « première », je ne faisais que des « toutes », comme on disait en ce moment là »Le parcours de la course de Corveissiat était sensiblement différent de celui d'aujourd'hui. Le final épousait invariablement la route qui grimpe depuis Thoirette jusqu'à l'arrivée. «Au pied de la bosse, j'étais toujours devant, se souvient Roger Pingeon. il en restait sept ou huit avec moi Ça commence à flinguer sur le faux­plat qui suit le pont de Conflans. Je laisse faire, fidèle à une habitude qui me suivra tout au long de ma carrière. Monter au train, sans donner d'à coups, c'était ma tactique. Je commence à reprendre des coureurs éparpillés le long de la pente. Arrivé dans les caillasses, à un kilomètre de l'arrivée environ, il n'en reste plus qu'un devant, Maurice Piccoli, un Oyonnaxien qui était un très bon coureur régional des années cinquante. Il a course gagnée, mais il ne se méfie pas de moi. Je reviens le coiffer dans les dernier mètres. Je puis vous dire que ça a été une sacrée surprise: un inconnu qui gagne une « toutes », qui plus est à Corveissiat !». Malgré les année qui ont passé, Roger Pingeon n'a pas oublié cette première victoire de sa carrière, celle qui peut être a concouru à sa vocation. « Le lendemain dans la presse, j'ai eu droit à des articles dithyrambiques, tant et si bien que je n'ai plus regagné une course de l'année! j'avais une telle pancarte dans le dos que plus personne ne me laissait partir ».  Pour l'anecdote, le petit neveu de Roger Pingeon, Benoît Bastion, allait en 2001 lui aussi inscrire son nom au  palmarès de Corveissiat. Sous les yeux de son grand oncle.   

Le sport dans l'Ain et la région

posté le mardi 19 mai 2009        Le site de Jean François Supié, journaliste à Bourg en Bresse Correspondant de Presse (Progrès AFP)

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